Pénurie d’huile Savor au Burkina : la SN CITEC alerte sur le manque de matières premières

Pénurie d’huile Savor au Burkina : la SN CITEC alerte sur le manque de matières premières

Depuis plusieurs mois, les consommateurs burkinabè font face à une pénurie d’huile alimentaire de marque Savor, produit phare de la Société Nouvelle Huilerie et Savonnerie Citec (SN CITEC). Dans les supermarchés, les boutiques et les marchés, cette huile locale tant appréciée se fait de plus en plus rare.

A Ouagadougou, le constat est unanime : les rayons sont vides.
« Actuellement, nous sommes en rupture d’huile Savor. On nous dit que le produit manque sur le marché. Les clients en demandent tous les jours, mais nous n’avons rien à leur proposer », explique Issiaka Ouédraogo, gérant d’une alimentation.

Même difficulté chez Safi Zougmoré, une commerçante du quartier : « Cela fait des mois que les clients nous réclament de l’huile Savor. Malheureusement, nous n’en trouvons plus. »

La situation est encore plus critique à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays, où l’approvisionnement est tout aussi difficile. « On nous encourage à consommer local, mais si les produits ne sont pas disponibles, on est bien obligés d’acheter de l’huile importée », déplore Karim Sawadogo, fidèle consommateur.

Une crise qui prend source à la production

 Cette pénurie s’explique par des difficultés rencontrées en amont, à l’usine.
Zanga Seydou Sessouma, Directeur général de Génédis Burkina, évoque un manque de matières premières : « La pénurie vient de la base. L’usine ne reçoit pas assez de graines de coton pour produire. »

Un constat confirmé par Yacouba Warma, directeur commercial de la SN CITEC : « Notre capacité nominale de production est de 120 000 tonnes par an. Mais l’approvisionnement en graines est passé de 100 000 tonnes à seulement 34 000 tonnes pour la campagne 2023/2024. Pour cette campagne 2024-2025, nous n’avons reçu que 3 414 tonnes à la date du 25 février 2025. C’est très insuffisant pour faire tourner les machines normalement. »

Selon lui, l’usine a besoin d’au moins 7 000 tonnes de graines pour assurer une production stable. Actuellement, la production quotidienne ne dépasse pas les 300 à 400 tonnes, loin de ce qu’exige le marché.

Un impact économique et social en cascade

 La pénurie ne se limite pas aux rayons des commerces. Elle affecte toute la chaîne : les producteurs de volailles et d’animaux d’élevage, qui s’approvisionnent en tourteaux de coton et en aliments pour bétail auprès de la SN CITEC, sont également touchés.

L’arrêt partiel de l’activité industrielle a également des répercussions fiscales et sociales. « Si l’usine ne tourne pas, il n’y a ni impôts ni taxes. Et malheureusement, les travailleurs saisonniers risquent d’être mis au chômage technique », s’inquiète M. Warma.

Des efforts de diversification encore limités

 Depuis 2022, la SN CITEC a lancé une nouvelle gamme d’huile à base de la graine de soja, dans le but de diversifier sa production. Mais ces efforts restent insuffisants face à une demande toujours plus forte.

Première unité industrielle du secteur oléagineux au Burkina Faso depuis sa création en 1941, la SN CITEC est aujourd’hui confrontée à un véritable défi. La relance de la production est devenue une urgence, tant pour satisfaire les besoins des consommateurs que pour soutenir l’économie nationale.

Par Vox Sahel

Vox Sahel

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