Alliance des États du Sahel : Vers une zone économiquement solide
-Les stratégies de coopération en question
La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) suscite de nombreuses interrogations quant à son impact économique et commercial. Le professeur agrégé de la faculté des sciences économiques de l’université Norbert-Zongo, Oumar Zallé, également chef du département du second cycle, Master en économie appliquée, s’est exprimé sur les défis et opportunités qu’offre cette initiative pour les pays membres de l’AES et pour la CEDEAO.
Selon le Pr Zallé, la première étape essentielle pour une coopération économique efficace entre les pays de l’AES réside dans la création d’un marché commun. Bien que l’UEMOA ait déjà posé les bases d’une intégration économique, il est nécessaire d’adapter ce marché aux besoins spécifiques des trois pays membres de l’AES. L’objectif est de rapprocher les entreprises et les consommateurs en réduisant les coûts de transaction.
Un autre levier majeur pour la consolidation de cette communauté économique repose sur l’amélioration des infrastructures transfrontalières, en particulier les infrastructures routières. Ces améliorations permettront de réduire significativement les coûts logistiques, qui constituent souvent un frein majeur aux échanges commerciaux entre les pays membres. La mise en place d’un réseau routier efficace faciliterait ainsi la circulation des biens et des personnes, stimulant le commerce intra-régional.
Le Pr Zallé souligne également l’importance du renforcement des capacités institutionnelles et financières. Certaines initiatives sont déjà en cours, notamment la création de banques et de fonds de solidarité économique et de développement. Ces institutions auront pour mission d’accompagner les efforts de développement économique et de résorber les défis financiers auxquels font face les pays de l’AES.
L’une des mesures clés avancées concerne l’harmonisation des politiques économiques, notamment fiscales et d’investissement. Plutôt que d’entrer en concurrence pour attirer les investisseurs étrangers, les pays de l’AES doivent adopter des dispositions communes en matière de coûts d’investissement. Cette uniformisation des politiques permettrait de renforcer l’attractivité économique de la zone et de favoriser l’émergence de secteurs de coopération majeurs.
Enfin, au-delà des décisions politiques, le succès de l’AES repose sur l’adhésion des populations à cette dynamique d’intégration. Assurer une mobilisation sociale autour du projet est essentiel pour garantir sa viabilité à long terme.
En somme, le renforcement de l’intégration économique, le développement des infrastructures, la consolidation des capacités institutionnelles et l’harmonisation des politiques économiques apparaissent comme les principaux piliers d’une Zone AES économiquement forte. La mise en œuvre de ces stratégies permettra aux pays de l’AES de s’imposer comme une communauté économique solide et résiliente face aux défis régionaux et internationaux.
Par Vox Sahel

