Burkina Faso : Une nouvelle levée de fonds réussie sur le marché des titres publics de l’UEMOA
Le Burkina Faso a réalisé avec succès sa deuxième intervention de l’année sur le marché des titres publics de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA), mobilisant un montant total de 32,99 milliards FCFA (environ 50,3 millions d’euros) auprès des investisseurs. Cette levée de fonds, effectuée par émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT), illustre la solidité de la confiance des marchés financiers dans la dette souveraine burkinabè.
L’opération a suscité un vif intérêt, avec des soumissions globales atteignant 49,65 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 165,52 % par rapport à l’enveloppe initialement recherchée de 30 milliards FCFA. Ce dynamisme témoigne de la forte attractivité des titres émis par Ouagadougou, malgré un contexte économique marqué par des défis sécuritaires et budgétaires.
Le taux d’absorption, qui correspond à la proportion des fonds effectivement retenus par le Trésor burkinabè, s’établit à 66,46 %. Dans le détail, 18,59 milliards FCFA ont été levés via les BAT à maturité 364 jours, tandis que les OAT ont permis de collecter 14,41 milliards FCFA, répartis sur des maturités de 3, 5 et 7 ans.
L’analyse des taux d’intérêt montre une légère progression du coût d’endettement pour le Burkina Faso, en particulier sur le segment des BAT. Le rendement moyen pondéré des bons à un an s’établit à 9,72 %, en hausse par rapport aux 9,27 % enregistrés lors de l’émission précédente du 15 janvier 2025.
Concernant les OAT, les rendements moyens pondérés sont ressortis à :
- 9,33 % pour les obligations à 3 ans (contre 9,48 % précédemment),
- 7,18 % pour celles à 5 ans (contre 7,53 %),
- 8,02 % pour les obligations à 7 ans (contre 7,34 %).
Ces évolutions reflètent une légère tension sur le marché obligataire, tout en restant dans une fourchette attractive pour les investisseurs recherchant des placements sécurisés dans la région.
Le succès de cette levée de fonds repose sur une large participation des investisseurs issus de sept pays membres de l’UEMOA. Le Burkina Faso s’est naturellement positionné en tête des souscriptions avec 15,1 milliards FCFA, suivi de :
- La Côte d’Ivoire (7,12 milliards FCFA),
- Le Bénin (6,25 milliards FCFA),
- Le Mali (2 milliards FCFA),
- Le Sénégal (1,25 milliard FCFA),
- Le Togo (1,01 milliard FCFA),
- La Guinée-Bissau (0,22 milliard FCFA).
Cette diversité des souscripteurs renforce l’intégration financière au sein de l’UEMOA et témoigne de la crédibilité du Burkina Faso sur le marché régional des capitaux.
Dans un contexte où les États africains font face à des besoins croissants en financement pour soutenir leur développement, le Burkina Faso adopte une approche équilibrée entre levées de fonds à court terme (BAT) et financements à moyen-long terme (OAT). Cette stratégie permet de lisser la charge de la detteet d’optimiser le coût du financement public.
Avec un taux de couverture solide et des conditions de financement encore compétitives, cette émission confirme la capacité du pays à mobiliser des ressources dans un cadre régional structuré. Toutefois, la tendance haussière des rendements à court terme pourrait inciter les autorités à diversifier davantage leurs sources de financement pour limiter le coût de la dette publique à moyen terme.
Le Burkina Faso continue de démontrer sa capacité à capter l’intérêt des investisseurs sur le marché financier régional. Cette nouvelle levée de fonds réussie confirme la résilience économique du pays et la confiance des marchés dans sa trajectoire budgétaire. Néanmoins, la vigilance reste de mise face à l’évolution des taux et aux défis macroéconomiques à venir.

