BURKINA FASO : 86 000 CANDIDATS À LA RÉSERVE MILITAIRE EN MOINS D’UN MOIS, L’OBJECTIF DE 100 000 EN LIGNE DE MIRE

BURKINA FASO : 86 000 CANDIDATS À LA RÉSERVE MILITAIRE EN MOINS D’UN MOIS, L’OBJECTIF DE 100 000 EN LIGNE DE MIRE

À l’occasion du 66e anniversaire des Forces armées nationales (FAN), célébré le 1er novembre 2026 à Ouagadougou, le ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le Général de division Célestin Simporé, a annoncé l’inscription de plus de 86 000 personnes à la réserve militaire en moins d’un mois. Une mobilisation qui rapproche les autorités de leur objectif de 100 000 réservistes d’ici à la fin de l’année et traduit leur volonté d’élargir la participation citoyenne à la défense nationale.

Le Burkina Faso veut renforcer son dispositif de défense en s’appuyant davantage sur la mobilisation de ses citoyens. Le signal est fort : plus de 86 000 personnes se sont déjà inscrites à la réserve militaire, moins d’un mois après le lancement des inscriptions. L’annonce a été faite, dimanche 1er novembre 2026, à Ouagadougou, par le ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le Général de division Célestin Simporé, lors de la célébration du 66e anniversaire des Forces armées nationales.

Placée sous le thème « Forces Armées Nationales et Réserve militaire pour une défense souveraine de la Patrie », la cérémonie a été présidée par le président de l’Assemblée législative du peuple, Ousmane Bougouma, représentant le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Avec plus de 86 000 inscrits pour un objectif de 100 000 réservistes avant le 31 décembre 2026, le dispositif enregistre un engouement notable. Pour les autorités, cette dynamique témoigne d’une volonté croissante des populations de prendre part à l’effort national de défense, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants.

La défense nationale, une responsabilité élargie

Au-delà des chiffres, la création de la réserve militaire marque une évolution dans l’organisation de la défense nationale. Il ne s’agit plus uniquement de compter sur les forces d’active, mais de disposer d’un vivier de compétences mobilisables en fonction des circonstances.

« En adoptant la loi portant statut de la réserve militaire, le Burkina Faso s’est doté d’un instrument stratégique de mobilisation des compétences, de consolidation de la résilience nationale et de renforcement de notre capacité collective à faire face aux menaces », a déclaré le Général de division Célestin Simporé.

Adoptée le 26 mai 2026, la loi n°019-2026/ALP définit la réserve militaire comme une composante des Forces armées nationales constituée de citoyens burkinabè aptes à être mobilisés, sans appartenir aux personnels d’active.

Le ministre a toutefois tenu à clarifier la portée de cette initiative : l’ambition n’est pas de transformer chaque citoyen en combattant, mais d’offrir à ceux qui le souhaitent et remplissent les conditions requises un cadre légal, organisé et discipliné pour contribuer à la défense du territoire.

Deux catégories de réservistes pour renforcer les FAN

Le dispositif repose sur deux composantes. La réserve de premier ordre concerne notamment les anciens militaires, les anciens personnels des forces de sécurité intérieure, les anciens Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ainsi que les personnes disposant d’une expérience ou d’une formation militaire reconnue.

La réserve de second ordre s’adresse notamment aux anciens appelés ayant reçu une formation civique et militaire, mais également aux citoyens volontaires ne disposant pas nécessairement d’une expérience militaire préalable.

Le recrutement s’effectue par sélection ou par appel à candidatures, pour les Burkinabè âgés d’au moins 18 ans. Autre particularité du dispositif : le statut de réserviste est compatible avec l’exercice d’une activité professionnelle civile.

En fonction des besoins, les réservistes pourront être sollicités en cas de menace contre la sécurité nationale, de crise sécuritaire, de conflit armé ou de catastrophe naturelle. Ils pourront également apporter leur concours au fonctionnement des FAN, notamment dans les domaines opérationnels, administratifs, techniques et logistiques.

Les réservistes de premier ordre pourront renforcer les unités opérationnelles, participer à l’encadrement et à la formation ou apporter un appui au commandement. Ceux du second ordre seront notamment orientés vers les fonctions de soutien et les domaines correspondant à leurs compétences.

La souveraineté comme ligne de conduite

Pour le Général de division Célestin Simporé, la souveraineté militaire ne saurait se limiter à un discours politique. Elle suppose, selon lui, la capacité du Burkina Faso à définir ses propres réponses aux défis sécuritaires, à conduire ses opérations et à défendre ses intérêts vitaux.

Cette ambition nécessite des ressources humaines bien formées, disciplinées, techniquement compétentes et profondément attachées à la défense de la patrie. Dans cette perspective, la réserve militaire est appelée à constituer un trait d’union entre l’armée et la société, en faisant de l’engagement citoyen un levier supplémentaire de résilience nationale.

« Servir la patrie ne signifie pas nécessairement porter les armes en permanence, mais être prêt à apporter sa contribution lorsque les circonstances l’exigent », a insisté le ministre, invitant toutes les catégories socioprofessionnelles à participer à cette dynamique selon leurs aptitudes.

Hommage aux forces engagées au front

Cette célébration du 66e anniversaire a également été l’occasion de rendre hommage aux militaires et aux Volontaires pour la défense de la patrie engagés sur les différents théâtres d’opérations. Le ministre a salué leur détermination, leur sacrifice et leur engagement, souvent loin de leurs familles.

S’adressant au Président du Faso, Chef suprême des Forces armées nationales, le Général de division Célestin Simporé a réaffirmé la loyauté et la fierté des personnels militaires, tout en saluant son engagement en faveur de la défense et de la souveraineté du Burkina Faso.

Créées par la loi n°74-60/AN du 3 août 1960, les Forces armées nationales ont officiellement pris le relais du commandement militaire le 1er novembre 1961, date retenue pour la célébration de leur anniversaire.

Soixante-six ans après leur création, les FAN entendent ainsi franchir une nouvelle étape dans leur organisation. Avec la réserve militaire, les autorités misent sur une défense plus inclusive, capable de mobiliser les ressources humaines et les compétences nationales face aux menaces. Reste désormais à transformer les dizaines de milliers d’inscriptions enregistrées en une réserve effectivement formée, structurée et opérationnelle.

Vox Sahel

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