Décrypt | Souveraineté Textile : Quand le Faso habille ses forces, la souveraineté prend corps
Il est des inaugurations qui dépassent le simple cadre d’une cérémonie officielle. Celle du complexe industriel Textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), à Logofourousso, dans la commune de Bobo-Dioulasso, appartient assurément à cette catégorie.
En décidant de produire désormais sur notre sol une partie essentielle des tenues destinées à nos Forces de défense et de sécurité et à nos Volontaires pour la défense de la patrie, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, vient de poser un acte qui parle plus fort que tous les discours sur la souveraineté.
Car la souveraineté ne se proclame pas. Elle se construit, elle se matérialise et se porte, au sens propre comme au figuré. Un soldat burkinabè qui porte une tenue conçue et produite au Burkina Faso porte aussi le savoir-faire de son peuple, le travail de ses compatriotes et la volonté d’une Nation de compter d’abord sur ses propres capacités.
Pendant trop longtemps, notre coton a quitté nos frontières sous forme de matière première avant que sa valeur ajoutée, les emplois, les compétences et les revenus qu’il pouvait générer ne profitent à d’autres. Avec TEXFORCES-BF, une nouvelle page s’écrit. Le coton burkinabè doit désormais nourrir une véritable chaîne industrielle nationale, de la transformation à la confection. C’est précisément cela, passer des paroles aux actes.
L’ambition affichée est à la hauteur du défi : transformer jusqu’à 50 000 tonnes de coton par an, porter progressivement le tissage jusqu’à 100 millions de mètres et dépasser 20 millions de pièces confectionnées. Au-delà des chiffres, c’est toute une philosophie économique qui se dessine : produire davantage, transformer davantage et dépendre moins de l’extérieur.
Le choix de commencer par l’habillement de nos forces armées revêt également une portée particulière. Nos soldats sont engagés sur tous les fronts pour défendre la Patrie. Il est donc cohérent que la Nation puisse leur fournir des équipements adaptés à ses réalités, à ses besoins et à son environnement, produits par ses propres fils et filles. Il ne s’agit pas simplement d’avoir des uniformes « propres à nous ».
Il s’agit de faire de la production nationale un instrument de dignité, d’efficacité, d’emploi et d’indépendance. Le leadership du Président Ibrahim Traoré mérite, à ce titre, d’être salué. Oser décider, oser investir et surtout oser réaliser : voilà ce qui donne un contenu concret à la souveraineté. TEXFORCES-BF montre que le Burkina Faso ne veut plus seulement parler de transformation structurelle ; il veut la mettre en œuvre.
La véritable révolution économique commence lorsque nous cessons de considérer notre pauvreté industrielle comme une fatalité. Elle s’accélère lorsque nous faisons confiance à nos compétences, à nos travailleurs, à nos ingénieurs, à nos artisans et à nos entrepreneurs.
Aujourd’hui, le Faso ne se contente plus de demander que son coton soit valorisé. Il se donne les moyens de le transformer. Il ne se contente plus de réclamer son indépendance économique. Il construit les outils qui doivent la rendre possible. C’est cela, la souveraineté : avoir la volonté de décider par soi-même et le courage de se donner les moyens de ses décisions.
Avec TEXFORCES-BF, le Burkina Faso vient de franchir un pas important. Et lorsqu’un pays commence à fabriquer lui-même ce dont il a besoin pour défendre sa Patrie, la souveraineté cesse d’être un slogan : elle devient une réalité qui se porte fièrement.
La Rédaction

