Route Ouahigouya-Tougan : « Les politiciens ont promis le bitumage avant même que je ne naisse », révèle Ibrahim Traoré
La question du bitumage de l’axe Ouahigouya-Tougan s’est de nouveau invitée dans le débat public, à l’occasion de la rencontre tenue le jeudi 16 juillet 2026 à Ouahigouya entre le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, et les forces vives de la région du Yaadga. Selon la Présidence, l’échange a été marqué par de fortes attentes autour des infrastructures, du désenclavement et du développement territorial.
Long d’environ 96 à 97 kilomètres selon les sources routières consultées, cet axe relie deux pôles importants du nord et du centre-ouest du pays, en passant par la RN10. Son état actuel, encore largement dépendant des conditions saisonnières et de circulation, continue de peser sur les déplacements des personnes, l’acheminement des marchandises et la fluidité des échanges entre les localités concernées.
Face aux forces vives, le Chef de l’État a indiqué avoir échangé avec le Baloum Naaba, qui lui a rappelé que le projet de bitumage de cet axe était évoqué depuis les années 1970, sans jamais se concrétiser.
« J’ai échangé avec le Baloum Naaba, qui m’a parlé de la route Ouahigouya-Tougan. Il m’a fait comprendre que les politiciens avaient promis le bitumage de cette route avant même que je ne naisse. Depuis les années 1975, on vous disait que le financement était acquis et qu’ils allaient bitumer. Tous les cinq ans, vous avez voté, mais la route est toujours là, non bitumée », a déclaré le Président du Faso.
Pour Ibrahim Traoré, cette situation illustre les limites des anciennes politiques de développement des infrastructures. Il a insisté sur la nécessité d’une nouvelle dynamique basée sur le renforcement des capacités nationales de construction routière.
Une route au fort potentiel économique
Longue d’environ 95 kilomètres, la RN10 constitue un axe stratégique reliant la région du Nord à celle de la Boucle du Mouhoun. Son bitumage représente bien plus qu’un simple chantier routier : il pourrait transformer durablement l’économie locale.
Cette infrastructure faciliterait l’acheminement des produits agricoles, de l’élevage et du commerce entre les deux régions. Les producteurs de céréales, de légumes, de bétail et les commerçants pourraient réduire considérablement leurs coûts de transport, limiter les pertes liées aux difficultés de circulation et accéder plus rapidement aux grands marchés.
L’amélioration de cet axe contribuerait également à stimuler les échanges interrégionaux, favoriser l’installation d’investisseurs privés et renforcer les activités économiques des communes traversées.
En réduisant les temps de trajet, les dépenses d’entretien des véhicules et les risques d’interruption de circulation pendant la saison des pluies, le bitumage de la RN10 constituerait un levier important pour améliorer la compétitivité économique des territoires concernés.
Un impact direct sur les conditions de vie des populations
Au-delà des enjeux économiques, les retombées sociales sont tout aussi importantes. Pour les habitants des localités desservies, une route bitumée faciliterait l’accès aux centres de santé, aux établissements scolaires, aux administrations publiques ainsi qu’aux services sociaux de base. Les évacuations sanitaires pourraient être réalisées plus rapidement, tandis que les élèves, enseignants et fonctionnaires bénéficieraient de meilleures conditions de mobilité.
Cette infrastructure renforcerait également les liens entre les communautés, favoriserait la mobilité des personnes et contribuerait à réduire l’isolement de plusieurs villages, particulièrement durant la saison hivernale. Le développement des activités commerciales, du transport de voyageurs et des services connexes pourrait également générer de nouveaux emplois directs et indirects au profit des jeunes.
Faso Mebo : une nouvelle approche pour accélérer les infrastructures
Le Président du Faso a présenté Faso Mebo comme une réponse aux difficultés structurelles rencontrées dans la réalisation des infrastructures routières. Selon lui, l’objectif est de doter progressivement toutes les régions du Burkina Faso de brigades équipées capables de construire et d’entretenir les routes.
« Il faut qu’on puisse s’équiper en masse et faire contribuer tout le monde pour pouvoir construire nos routes rapidement. Notre objectif est qu’à la fin de l’année, toutes les régions aient leur brigade sur place, y compris les nouvelles », a-t-il affirmé.
Cette stratégie vise à renforcer les capacités nationales afin de réduire les délais de réalisation des chantiers et d’améliorer progressivement le réseau routier sur l’ensemble du territoire.
Une attente ancienne qui demeure forte
Pour les populations du Nord et de la Boucle du Mouhoun, le bitumage de la route Ouahigouya–Tougan reste une attente de longue date. Au-delà de sa portée symbolique, ce projet est perçu comme un investissement structurant susceptible de stimuler la croissance économique, de désenclaver les territoires et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Sa concrétisation constituerait une étape importante dans le renforcement de la connectivité nationale et dans la mise en œuvre d’une politique de développement territorial fondée sur des infrastructures modernes, capables d’accompagner les ambitions économiques et sociales du Burkina Faso.
Par Vox Sahel

