Édito | Tourisme interne : Quand le Burkina Faso devient sa propre destination de rêve
Le Burkina Faso, terre de résilience et de diversité culturelle, vient une fois de plus de rappeler une évidence trop souvent reléguée au second plan : le plus beau voyage n’est pas toujours celui qui mène à l’étranger, mais celui qui permet de redécouvrir son propre pays. Le lancement de la 4ᵉ édition de la Grande saison du tourisme interne (GSTI), tenu sur les berges du barrage de Samendéni, dans la commune de Bama, s’inscrit dans cette dynamique de reconquête de notre patrimoine national.
Longtemps, le regard de nombreux Burkinabè s’est tourné vers des horizons lointains, parfois au détriment de la richesse exceptionnelle qui s’offre pourtant à eux. Or, le pays regorge de sites touristiques, de paysages naturels, de traditions vivantes et d’espaces culturels qui n’ont rien à envier à bien des destinations internationales. Des lieux emblématiques comme le Mémorial Thomas Sankara ou le Musée national du Burkina Faso illustrent déjà cette richesse et cette mémoire collective qui ne demandent qu’à être mieux connues et davantage fréquentées.
A travers cette initiative portée par le ministère en charge du tourisme, dirigé par Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, c’est une véritable stratégie de développement qui se dessine. Le tourisme interne n’est plus un simple loisir : il devient un levier économique, un outil de création d’emplois et un facteur de cohésion sociale.
Chaque déplacement à l’intérieur du pays fait vivre une chaîne entière d’acteurs : hôteliers, restaurateurs, guides touristiques, artisans, transporteurs, producteurs locaux. C’est donc toute une économie territoriale qui se renforce à chaque voyage.
Au-delà de l’économie, c’est aussi une question d’identité. Voyager dans son propre pays, c’est se réapproprier son histoire, comprendre ses diversités et renforcer le sentiment d’appartenance nationale. C’est reconnaître que la richesse d’un peuple ne se mesure pas seulement à ce qu’il importe, mais aussi à ce qu’il valorise chez lui.
L’engouement observé autour de la fréquentation des sites touristiques ces dernières années montre que les mentalités évoluent. Le tourisme interne progresse, porté par une jeunesse de plus en plus consciente de l’importance de raconter et de montrer son pays autrement, notamment à travers les réseaux sociaux.
L’appel des autorités et des parrains de cette édition à faire du tourisme local une priorité nationale doit donc être entendu. Il s’adresse à l’État, aux collectivités, aux entreprises, mais surtout à chaque citoyen. Car au fond, promouvoir le Burkina Faso, ce n’est pas seulement une affaire d’institutions mais un engagement collectif.
Cette 4ᵉ édition de la GSTI nous rappelle ainsi une vérité simple mais essentielle : nous n’avons pas besoin d’aller loin pour être dépaysés. Nous avons simplement besoin de mieux regarder chez nous.
La Rédaction

