Coopération : Après Ouagadougou, Malabo dénonce une atteinte à sa souveraineté et brandit la rupture diplomatique

Coopération : Après Ouagadougou, Malabo dénonce une atteinte à sa souveraineté et brandit la rupture diplomatique

Quelques jours seulement après la rupture officielle des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, une nouvelle tension majeure oppose Paris à un autre État africain. La Guinée équatoriale menace désormais de revoir en profondeur ses relations avec la France, allant jusqu’à envisager une rupture diplomatique.

À l’origine de cette crise figure un immeuble appartenant à l’État équato-guinéen, situé avenue Foch à Paris. Ce bien, saisi par la justice française dans le cadre de l’affaire dite des « biens mal acquis », doit prochainement être mis aux enchères. Les autorités françaises ont annoncé que les fonds issus de cette vente seraient destinés au peuple équato-guinéen, conformément aux mécanismes mis en place pour la restitution des avoirs considérés comme acquis illicitement.

Mais à Malabo, cette décision est perçue comme une violation du droit international. Les autorités équato-guinéennes soutiennent que le bâtiment concerné bénéficie de l’immunité diplomatique et ne peut, à ce titre, faire l’objet d’une saisie ou d’une vente. Le gouvernement a dénoncé une procédure qu’il juge illégale et attentatoire à sa souveraineté.

Face à cette situation, le ton est monté entre les deux capitales. Selon les autorités équato-guinéennes, le maintien de la vente pourrait entraîner des mesures de rétorsion diplomatique. Parmi les options évoquées figurent la saisie de l’ambassade de France à Malabo, l’expulsion de diplomates français et une révision complète des relations bilatérales.

Cette nouvelle crise intervient dans un contexte déjà marqué par une détérioration des relations entre la France et plusieurs pays africains. Ces dernières années, Paris a vu son influence contestée dans plusieurs régions du continent, tandis que certains États africains revendiquent une plus grande autonomie dans la conduite de leurs politiques étrangères.

Pour de nombreux observateurs, cette séquence diplomatique illustre les profondes recompositions géopolitiques en cours en Afrique. Entre remise en cause des anciennes alliances, affirmation des souverainetés nationales et diversification des partenariats internationaux, les rapports entre la France et plusieurs capitales africaines connaissent une transformation rapide.

Alors que la vente de l’immeuble parisien pourrait intervenir dans les prochaines semaines, l’évolution de ce dossier sera suivie avec attention. Elle pourrait constituer un nouveau test pour les relations franco-africaines à un moment où celles-ci traversent l’une des périodes les plus sensibles de leur histoire récente.

Par Vox Sahel

Vox Sahel

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