Coton burkinabè : 314 293 tonnes produites (+7 %) et un objectif de 534 000 tonnes pour 2026-2027 dans une filière en pleine relance
La filière coton burkinabè confirme sa dynamique de progression. Selon le bilan présenté en Conseil des ministres ce jeudi 25 juin 2026, par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, la campagne cotonnière 2025-2026 s’est achevée sur une production de 314 293 tonnes de coton graine (conventionnel et biologique), contre 294 507 tonnes lors de la campagne précédente, soit une hausse de 7 %.
Cette performance intervient dans un contexte jugé globalement favorable, marqué par une amélioration des conditions climatiques, des prix d’achat du coton graine et des intrants, ainsi qu’une relative accalmie sécuritaire dans certaines zones de production. Des facteurs qui ont permis de soutenir la productivité et de renforcer la résilience des producteurs.
Une filière sous le signe de la relance
Pour la campagne 2026-2027, les autorités affichent des ambitions nettement plus élevées. Les objectifs de production sont fixés à 534 000 tonnes pour le coton conventionnel et 2 250 tonnes pour le coton biologique, avec des rendements attendus de 1 000 kg/ha et 500 kg/ha respectivement.
Le gouvernement mise sur la poursuite de la relance durable de la filière, considérée comme stratégique pour l’économie agricole nationale. Le prix d’achat plancher du coton graine de premier choix est fixé à 310 FCFA/kg, tandis que le coton biologique est maintenu à 375 FCFA/kg, identique à la campagne précédente.
Intrants agricoles : une nouvelle politique de subvention
L’un des points majeurs de cette campagne concerne la politique des intrants agricoles. Le prix de cession à crédit des engrais (KSB et UIRE) est fixé à 17 500 FCFA le sac de 50 kg pour chaque type d’engrais.
Ce niveau de prix implique un effort de subvention estimé à 15,8 milliards de FCFA. Toutefois, une évolution majeure est annoncée : cette charge ne sera plus supportée par le budget de l’État. Désormais, les sociétés cotonnières prendront entièrement en charge la subvention.
Selon les autorités, cette décision s’appuie sur les réformes et l’assainissement du secteur ayant permis aux sociétés cotonnières de renforcer leur capacité financière. Elle marque également la fin progressive de la contribution de l’État, passée d’environ 70 milliards de FCFA en 2022 à 5 milliards lors de la dernière campagne, jusqu’à une prise en charge désormais nulle.
Des retombées attendues pour le monde rural
Pour les autorités, cette réorientation budgétaire devrait permettre à l’État de consacrer davantage de ressources aux infrastructures sociales, tandis que la filière coton devrait continuer à garantir des revenus stables aux producteurs.
Dans un pays comme le Burkina Faso, où le coton reste l’une des principales cultures de rente, ces orientations confirment la volonté des pouvoirs publics de consolider la compétitivité de la filière tout en renforçant sa durabilité face aux fluctuations des marchés mondiaux.
Avec ces nouvelles mesures, la campagne cotonnière 2026-2027 s’annonce comme une étape clé pour tester la capacité de la filière à maintenir sa croissance sans appui direct de l’État sur les intrants, tout en poursuivant l’amélioration des revenus agricoles.
Par Vox Sahel

