Burkina Faso : un remaniement ministériel recentre l’action gouvernementale
Le président du Faso a procédé, ce lundi 12 janvier 2026, à un remaniement ministériel marquant, caractérisé par des départs ciblés, des nominations stratégiques et une profonde réorganisation de plusieurs départements clés de l’exécutif. Cette nouvelle configuration du gouvernement dirigé par Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo traduit une volonté affichée de rationalisation de l’action publique et de recentrage des priorités de l’État.
Quatre départs, deux nouvelles entrées
Le remaniement enregistre le départ de quatre membres du gouvernement. Il s’agit de :
- Adama Luc Sorgho, précédemment ministre des Infrastructures et du Désenclavement ;
- Roger Barro, ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement ;
- Roland Somda, ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi ;
- Dr Boubacar Savadogo, ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique.
En contrepartie, deux nouvelles figures font leur entrée au sein de l’équipe gouvernementale :
- Pr Moumouni Zoungrana, nommé ministre chargé de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle ;
- Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingué Ouattara, désormais à la tête du ministère des Sports.
Fusions et suppressions de ministères
Ce remaniement se distingue surtout par une restructuration institutionnelle majeure, avec la suppression de deux départements ministériels et plusieurs changements de dénomination.
Le ministère des Infrastructures et du Désenclavement est fusionné avec celui de l’Urbanisme et de l’Habitat. De cette fusion naît le ministère de la Construction de la Patrie, confié à Mikailou Sidibé.
Le ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement est, quant à lui, réorganisé. Ses compétences sont désormais réparties entre la Sécurité forestière et le ministère de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources animales, dirigé par le ministre d’État, le Commandant Ismaël Sombié, qui conserve la tutelle sur les questions environnementales et d’assainissement.
Des dénominations à forte portée symbolique
Plusieurs ministères changent d’appellation, traduisant une volonté politique d’affirmer une nouvelle philosophie de gouvernance :
- Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale devient le ministère des Serviteurs du Peuple, dirigé par Mathias Traoré ;
- Le ministère de la Défense et des Anciens Combattants est rebaptisé ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, sous la direction du ministre d’État, le Général de Division Célestin Simporé ;
- Le ministère de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les institutions, Garde des Sceaux, devient simplement le ministère de la Justice, confié à Me Edasso Rodrigue Bayala ;
- Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur est désormais le ministère des Affaires étrangères, dirigé par Karamoko Jean Marie Traoré ;
- Enfin, le ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationaledevient le ministère de la Famille et de la Solidarité, avec à sa tête le Lieutenant-colonel Pélagie Kabré/Kaboré.
Un gouvernement resserré
Avec quatre départs et deux nouvelles nominations, le gouvernement passe de 24 à 22 portefeuilles ministériels. Une réduction qui s’inscrit dans une dynamique de rationalisation de l’appareil d’État et de recherche d’une plus grande efficacité dans la conduite des politiques publiques.
Ce remaniement ouvre ainsi une nouvelle séquence politique, où les attentes restent fortes, notamment en matière de sécurité, de développement socio-économique et de gouvernance, dans un contexte national toujours exigeant.

