Retrait  des pays de l’AES de la CEDEAO : Les implications douanières

Retrait  des pays de l’AES de la CEDEAO : Les implications douanières

Les Directeurs généraux des douanes des Etats membres de l’AES se sont réunis pour la première fois à Niamey au Niger, le mardi 23 juillet 2024. La rencontre qui s’est tenue au Centre International des Conférences Mahatma Gandhi de Niamey, avait pour objectif principal la sécurisation du transit au travers d’une interconnexion entre les différents Etats de l’AES et le Togo. Étaient également présents en tant qu’invités d’honneur, le Tchad et le Togo. C’est une rencontre qui intervient quelques semaines après la création de la Confédération des États du Sahel (AES).

Sous le thème “Renforcement de l’interconnexion informatique et promotion socio-économique à travers la libre circulation des personnes, des biens et des services,” la réunion des Directeurs généraux des douanes des Etats membres de l’AES a été marquée par la participation du Directeur général des douanes du Burkina Faso, l’Inspecteur divisionnaire des douanes, Adama Ilboudo. La cérémonie d’ouverture, placée sous le haut patronage du Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeïne, a été présidée par le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des finances.

Les discussions au cours de cette rencontre ont permis aux Directeurs généraux des douanes de prendre des décisions majeures, notamment la signature d’un protocole d’accord et l’adoption d’une instruction cadre pour l’interconnexion des systèmes douaniers des pays de l’AES et du Togo. Des dispositions réglementaires similaires seront prises avec d’autres pays comme la Côte d’Ivoire. Les chefs des douanes ont également donné des instructions à leurs équipes techniques pour faire de l’AES un espace douanier interconnecté.

Au cours de cette réunion, les experts ont échangé sur les implications douanières de la sortie de leurs pays respectifs de la CEDEAO et ont envisagé des perspectives et des mesures alternatives pour faire face à cette situation. Parmi les recommandations formulées, on note l’engagement à déployer les systèmes d’interconnexion dans tous les bureaux de douane ouverts aux transits d’ici le 15 novembre 2024, et à l’implication des partenaires des administrations douanières, notamment les chambres de commerce et d’industrie, les conseils des chargeurs, et les commissaires en douane agréés, pour faciliter la mise en œuvre de cette réforme.

Par ailleurs, plusieurs accords ont été signés, dont celui relatif à l’interconnexion des systèmes informatiques des administrations douanières des pays membres de l’AES et du Togo, ainsi que celui relatif aux procédures en matière de transit informatique. Les experts ont également élaboré un chronogramme de mise en œuvre effective de l’interconnexion entre le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Togo, et ont convenu de la tenue d’une réunion de pilotage à Bamako, au Mali, en juillet 2025.

Le ministre délégué chargé des Finances a félicité les experts pour la qualité des travaux, assurant que le Niger mettra tout en œuvre pour garantir l’exécution parfaite des recommandations. Cette interconnexion permettra non seulement de sécuriser les opérations de transit, mais aussi de lutter efficacement contre la fraude douanière et les trafics illicites, renforçant ainsi la coopération et la prospérité économique au sein de l’AES.

En ce qui concerne le projet d’interconnexion des systèmes informatiques, le Directeur général des Douanes du Niger, Colonel Abou Oubandawaki, a rappelé que les services des douanes du Niger ont déjà interconnecté leurs systèmes informatiques avec ceux du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Mali et du Ghana. Cette initiative d’interconnexion se poursuivra avec d’autres pays intéressés, selon les directives des plus hautes autorités. Pour sa part, le directeur général des douanes du Burkina Faso, le Colonel Adama Ilboudo, a déclaré que l’interconnexion des systèmes informatiques contribue, d’une part, à la mise en œuvre efficiente des procédures entre les pays de la Confédération des États de l’AES et, d’autre part, entre ces pays et le pays de transit. « Elle favorise la gestion informatisée des transits à l’échelle de notre confédération et facilite les échanges commerciaux transfrontaliers, permettant ainsi à nos pays de lutter efficacement contre la fraude douanière et les trafics illicites, tout en évitant la déperdition des richesses fiscales au détriment de nos trésors publics respectifs », a-t-il ajouté.

Les Directeurs généraux des douanes des différents pays ont souligné les nombreux avantages de cette interconnexion, notamment la simplification et la sécurisation des opérations de transit des marchandises, la réduction des délais d’attente et des coûts de transit et de transport, ainsi que la mutualisation des ressources et la numérisation des risques financiers et sécuritaires. Cette initiative marque un pas important vers une gestion plus efficace et harmonisée des échanges commerciaux transfrontaliers au sein de l’AES. Cette réunion à Niamey représente une étape capitale dans le renforcement de la coopération douanière entre les pays de l’AES et leurs partenaires, ouvrant la voie à une intégration économique plus étroite et à une meilleure sécurisation des opérations de transit dans la région.

Par Rédaction

Vox Sahel

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *