Édito | Tension à l’UEMOA : Un sursaut s’impose

Édito | Tension à l’UEMOA : Un sursaut s’impose

Le vendredi 11 juillet 2025 à Lomé, un épisode préoccupant a marqué la 2e session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’UEMOA. Faute d’accord sur la désignation du Burkina Faso à la présidence du Conseil, les représentants des États de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont quitté la salle. Un geste fort, révélateur d’un malaise profond au sein de l’Union.

Au cœur de cette crise, un manquement au respect de l’article 11 des statuts de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), qui prévoit une présidence tournante entre les ministres des Finances des États membres. Le tour était venu pour le Burkina Faso, mais des blocages politiques, que d’aucuns jugent arbitraires, ont fait obstacle à cette alternance.

Nous ne devons pas minimiser la portée d’un tel incident. Il ne s’agit pas simplement d’un désaccord protocolaire, mais d’un signal alarmant d’une cristallisation institutionnelle qui menace l’esprit même de l’intégration sous-régionale. L’UEMOA, fondée sur des principes de solidarité, de justice et d’équité entre ses membres, ne peut devenir le théâtre de calculs politiques ou de rapports de force malsains.

Il est urgent que chaque acteur, à quelque niveau de responsabilité qu’il se trouve, revoie sa copie. L’intérêt général doit prévaloir sur les considérations conjoncturelles ou partisanes. On ne peut continuer à faire primer les intérêts égoïstes sur ceux des peuples. Ce sont les populations, déjà éprouvées par des défis multiples, qui paient le prix fort de ces blocages institutionnels.

L’UEMOA est un bien commun. Sa crédibilité dépend du respect scrupuleux de ses textes, de la transparence de son fonctionnement et de la loyauté de ses membres. Les dirigeants ouest-africains se doivent de faire preuve de hauteur de vue et de responsabilité. Car affaiblir cette union, c’est fragiliser l’unité régionale, c’est hypothéquer l’avenir économique et social de millions de citoyens.

Il est encore temps de redresser la barre. Mais cela exige courage, dialogue et respect mutuel. Pour que jamais l’institution communautaire ne soit prise en otage au détriment des peuples qu’elle est censée servir.

La Rédaction

Vox Sahel

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