Escroquerie au poisson braisé : Zaki écope de 8 ans de prison ferme à Bobo-Dioulasso
Le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso a rendu son verdict ce vendredi dans une affaire d’escroquerie qui a fait grand bruit dans la ville. Zaki (nom d’emprunt), un habitué des arnaques électroniques, a été condamné à 8 ans de prison ferme et à une amende de 4 millions de F CFA pour escroquerie aggravée, après avoir tenté de duper un vendeur de poisson braisé à l’aide d’un faux message de Mobile Money.
Le mode opératoire de Zaki, bien rôdé, consistait à passer commande dans les points de vente de poisson braisé, puis à simuler un paiement par transfert mobile. À la place d’un véritable transfert, il envoyait un message frauduleux imitant une notification de transaction.
Le 09 mai, son stratagème a toutefois échoué. Après avoir commandé du poisson pour 8 000 F CFA, Zaki a présenté un faux message indiquant un paiement de 10 000 F. Trompé, le vendeur lui a remis la monnaie de 2 000 F. Mais après vérification, il a réalisé qu’aucun transfert n’avait été effectué. Il a immédiatement alerté les forces de l’ordre, qui ont interpellé Zaki sur les lieux.
À la barre, l’accusé a reconnu les faits sans ambages : « J’avais faim, alors j’ai envoyé un faux message. J’ai aussi utilisé cette méthode pour acheter un sac à 2 500 F. » Une confession qui n’a pas attendri le ministère public.
Le procureur a requis une peine exemplaire, soulignant la récidive et l’utilisation de moyens électroniques, circonstance aggravante au regard de l’article 613 du Code pénal. Déjà condamné en 2022 par le tribunal correctionnel de Banfora à 5 ans de prison dont 3 avec sursis et à une amende d’un million de F CFA avec sursis, Zaki n’a manifestement pas tiré les leçons de son passé judiciaire.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet : 5 ans de prison ferme, une amende de 3 millions F CFA, la révocation des 3 années de sursis précédemment prononcées ainsi que celle de l’amende avec sursis. Au total, Zaki purgera donc 8 ans de prison ferme et devra s’acquitter de 4 millions F CFA d’amende. La contrainte judiciaire a été fixée à 3 mois.
Dans une ultime tentative de justification, Zaki a lancé : « C’est la faim qui m’a poussé à faire ça… » Une explication balayée d’un revers de main par le président du tribunal :
« Quand on a faim, ce n’est pas du poisson braisé qu’on va chercher à manger. »
Cette affaire rappelle les dérives liées aux fraudes électroniques qui prennent de l’ampleur, et la vigilance désormais exigée de la part des commerçants face à ce type de pratiques.
Par Vox Sahel

