Forte spéculation sur le prix des amendes de karité au Burkina : Le gouvernement intensifie ses efforts pour réguler le marché
Face à la flambée des prix des amandes de karité et aux pratiques spéculatives de certains commerçants, le gouvernement burkinabè a pris des mesures fortes pour protéger ce secteur stratégique. La suspension temporaire des exportations d’amandes de karité, annoncée par le ministère du Commerce, vise à garantir l’approvisionnement local et à promouvoir la transformation nationale, un levier important pour dynamiser l’économie.
La Brigade Mobile de Contrôle Économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF) a intensifié ses interventions pour contrer les dérives dans le secteur. Les prix des amandes de karité sont réglementés à 400 FCFA/kg dans la région de Ouagadougou et 375 FCFA/kg dans les autres localités. Pourtant, de nombreux commerçants continuent de pratiquer des tarifs spéculatifs, menaçant l’équilibre du marché.
En réaction, plusieurs boutiques ont été fermées et leurs propriétaires convoqués. Par ailleurs, toute tentative d’exportation illégale expose les contrevenants à des sanctions sévères, y compris la confiscation des marchandises et la fermeture définitive des commerces impliqués.
Le Burkina Faso dispose d’un potentiel annuel de production de 1 247 295 tonnes d’amandes de karité. Cependant, seulement 32 %, soit 404 412 tonnes, sont exploitées. Les 68 % restants représentent une opportunité immense pour développer des industries locales et renforcer l’économie nationale.
Les régions des Hauts-Bassins (20,47 %) et des Cascades (20,21 %) se distinguent par leur forte production, suivie par le Sud-Ouest (18,93 %), le Centre-Ouest (17 %) et la Boucle du Mouhoun (13,32 %).
La karité est une ressource cruciale pour l’industrie cosmétique et agroalimentaire, tant au niveau national qu’international. En encourageant la transformation locale des amandes en beurre de karité, le Burkina Faso peut créer des emplois, augmenter la valeur ajoutée et réduire sa dépendance aux exportations brutes.
Actuellement, les coopératives de transformation peinent à s’approvisionner en amandes en raison des exportations massives, souvent au détriment des producteurs locaux. La suspension temporaire des exportations permettra de rediriger ces matières premières vers les unités locales, contribuant ainsi à la création de richesses et à l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment des femmes qui jouent un rôle clé dans ce secteur.
La BMCRF appelle les commerçants et les consommateurs à respecter la réglementation en vigueur et à signaler toute infraction via les numéros verts : 80 00 11 84, 80 00 11 85, ou 80 00 11 86.
Cette mesure, bien que contraignante à court terme, vise à établir une concurrence équitable et à assurer des prix accessibles aux consommateurs tout en protégeant les intérêts des producteurs locaux. En exploitant durablement le potentiel du karité, le Burkina Faso peut transformer cette ressource naturelle en un moteur de développement durable et équitable.
Par Vox Sahel

