Crise sécuritaire au Burkina Faso : « La sécurité est une priorité nationale, se mettre ensemble est un impératif »  Augustin Ali Pallo

Crise sécuritaire au Burkina Faso : « La sécurité est une priorité nationale, se mettre ensemble est un impératif »  Augustin Ali Pallo

Le Burkina Faso traverse depuis 2015 une grave crise sécuritaire qui a déjà fait de nombreuses victimes. Face à cette situation, l’union sacrée de tous les Burkinabè autour des enjeux nationaux est devenue indispensable. En septembre 2022, un tournant s’est opéré avec l’arrivée au pouvoir de jeunes officiers militaires sous la direction du Capitaine Ibrahim Traoré. Depuis lors, des changements notables ont eu lieu, notamment avec le renforcement de la logistique militaire, l’augmentation des effectifs de l’armée, ainsi que le recrutement, la formation et le déploiement des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) à travers le pays. Selon le chef de la diplomatie burkinabè, Jean Marie Karamoko Traoré, le pays a récupéré 70 % de son territoire en 2024. Pour discuter de cette avancée, nous avons rencontré Augustin Ali Pallo, Coordinateur de l’Organisation Citoyenne pour le Développement Durable (OCDD). Il estime que « l’insécurité dans les régions les plus touchées résulte principalement d’une répartition inéquitable des ressources et d’un manque de volonté politique ». Néanmoins, selon lui, la sécurité doit être une priorité nationale et internationale, et la solidarité entre les Burkinabè un impératif pour relever ce défi.

 Pouvez-vous nous parler brièvement de l’OCDD et de son engagement pour le développement durable au Burkina Faso ?

Augustin Ali Pallo : L’OCDD est une organisation citoyenne qui intervient dans les politiques de développement, la vie socio-économique de notre nation et les bonnes pratiques du développement durable. L’objectif principal de l’OCDD, est de voir notre pays souverain avec une politique de développement local et inclusif.

En tant que coordinateur de l’OCDD, quelle est votre vision pour le Burkina Faso en matière de sécurité et de développement ?

Ma vision pour le pays est son développement comme tout bon Burkinabè. Notre pays vit ses moments difficiles sur le plan sécuritaire et socio-économique. Pour nous, il faut la contribution de tous les Burkinabè sans distinction sociale, politique, culturelle, pour un engagement patriotique afin de sauver l’essentiel. Pour nous, la sécurité est une priorité nationale, voire internationale, alors se mettre ensemble est un impératif.

Comment évaluez-vous la situation sécuritaire actuelle au Burkina Faso, notamment avec les menaces des groupes armés et du terrorisme ?

« Nombreux sont ces organismes et personnalités politiques qui profitent

de cette instabilité régionale pour assouvir leurs propres désirs »

La situation  sécuritaire de notre pays est en progrès avec les acquisitions des matériels que nous avons constatées ses dernières années. Aussi, il faut noter la montée en puissance de notre armée à travers l’engagement patriotique de nos VDP. Alors, si les choses se poursuivent ainsi, l’insécurité  sera un souvenir dans les mois à venir pour notre peuple.

Quelles sont, selon vous, les principales causes de l’insécurité dans les régions les plus touchées du pays ?

La principale cause de l’insécurité dans les régions les plus touchées est due, selon moi, à un partage inégal des ressources naturelles et financières. Aussi la mauvaise volonté politique régionale et internationale qui consiste à vivre du sang des populations. Nombreux sont ces organismes et personnalités politiques qui profitent de cette instabilité régionale pour assouvir leurs propres désirs. Après la chute de la Lybie, tout a basculé pour notre sahel.

Quels efforts l’OCDD entreprend-elle pour contribuer à la paix et à la stabilité dans les zones affectées par l’insécurité ?

Nous contribuons par les sensibilisations et sur l’engagement patriotique des uns et des autres.

Comment l’OCDD collabore-t-elle avec le gouvernement burkinabè et d’autres organisations locales et internationales sur les questions sécuritaires ?

Très bonne collaboration avec le gouvernement par nos contributions. Nos collaborations vont dans le sens du dialogue politique et de la  souveraineté nationale.

Pensez-vous que les mesures actuelles prises par le gouvernement sont suffisantes pour lutter contre l’insécurité ? Si non, quelles approches proposez-vous ?

Les mesures adoptées sont bonnes, et praticables à tous les niveaux, national, régional, provincial, communale, et même villageois.

Comment associer les populations locales, notamment les jeunes et les femmes, à la lutte contre l’insécurité et à la promotion de la paix ?

Pour le retour de paix, il suffit juste de l’engagement des jeunes et des femmes. Car les plus vulnérables dans cette situation de crise, sont ces deux couches. La prise de conscience et du sens du patriotisme doivent être un bâton de pèlerin pour ces couches. Elles doivent avoir l’information et savoir comment donner l’information et à qui donner l’information.

L’insécurité a-t-elle affecté les projets de développement de l’OCDD ? Si oui, comment ?

Évidement comme tous les secteurs d’activités. Nous n’arrivons plus à nous déplacer comme avant.

Quel est, selon vous, l’impact de l’insécurité sur l’économie burkinabè, en particulier sur les activités agricoles et commerciales dans les régions les plus touchées ?

L’impact est significatif et important pour l’économie burkinabè, des déplacés internes qui ne pourrons pas cultiver, le déplacement difficile des populations, etc. Malgré les efforts du gouvernement, il y a toujours à faire.

Quels sont les défis rencontrés par les acteurs du développement, comme l’OCDD, dans la mise en œuvre des projets dans les zones instables ?

Le déplacement dans les zones, la rupture de confiance, le manque d’engagement, l’implémentation des politiques de développement.

Quelles solutions proposez-vous pour minimiser les effets de l’insécurité sur le tissu socio-économique du pays ?

  • Communiquer avec franchise sur les richesses que regorge notre sous-sol,
  • Entreprendre des dialogues avec la population pour rétablir la confiance, entre gouvernants et gouvernés pour plus de fluidité dans le traitement des informations,
  • Entreprendre un dialogue franc et sincère avec les populations ressources du pays, à travers les chefferies traditionnelles sans bord aucune,
  • Impliquer toute la couche sociale à la recherche de la stabilité,
  • Enseigner le patriotisme comme modèle de développement,
  • Mettre en œuvre une stratégie de communication fiable et simple pour tous les burkinabè,
  • Penser plus développement et l’insécurité disparaitra.

Quels rôles les questions environnementales jouent-elles dans la sécurité, notamment en ce qui concerne les conflits liés à l’accès aux ressources naturelles ?

L’environnement est un modèle de développement, l’environnement ne crée pas de conflits. Mais les personnes qui y vivent en créent. Les ressources naturelles sont les biens de l’Etat selon la constitution. Donc c’est à l’Etat de la préserver.

Comment l’OCDD intègre-t-elle la durabilité environnementale dans ses actions pour soutenir la sécurité au Burkina Faso ?

Nous sommes tous unanimes sur les enjeux du développement durable et c’est la raison pour laquelle, pour une durabilité environnementale, nous  menons  des réflexions à grande échelle afin que dans les années à venir, nous puissions tous vivre dans une société nouvelle où les principes et les objectifs du développement durable constitueraient des modèles d’actions pour chaque citoyen Burkinabè. Et c’est pourquoi chaque jour, nous invitons incessamment tous les citoyens Burkinabè à faire preuve de résilience et de patriotisme vrai car nous n’avons qu’un seul pays, un seul héritage commun : le Burkina Faso. Nous devons le protéger !

Quels sont les principaux défis à venir que vous apercevez, et quels sont les plans de l’OCDD pour continuer à œuvrer pour un Burkina Faso plus sûr et plus résilient ?

Pour nous, les principaux défis pour le futur sont entre autres, des projets qui consisteront à recréer un cadre environnemental en faveur des Burkinabè.  Travaillez à inculquer les principes du développement durable à tous les citoyens Burkinabè. Pour nous, il n’y a de plan magique, pour un Burkina plus sûr et plus résilient. Tous les acteurs, c’est-à-dire les gouvernants au gouvernés, tous doivent placez l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des leurs. Nous devons faire de l’unité et du travail acharné notre bataille.

Un dernier mot pour les citoyens burkinabè qui s’inquiètent de la situation sécuritaire ?

Soyons tous résilients et préservons notre bien commun, le Burkina Faso.

Vox Sahel

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