Opération « Samiyan Gnanaman » : plus de 131 millions FCFA de produits frauduleux retirés du marché burkinabè
Plus de 131 millions de FCFA de produits frauduleux saisis en quelques jours. Derrière ce bilan impressionnant de la Coordination Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF), c’est toute une bataille pour la santé publique, l’environnement et l’économie nationale qui se joue.
La fraude économique a trouvé un adversaire déterminé. À travers l’opération spéciale « Gnamiyan Gnanaman », littéralement « saison saine » en langue dioula, la Coordination Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF) a mené une offensive d’envergure sur plusieurs axes stratégiques du territoire national. Le résultat est sans appel : des produits frauduleux et dangereux d’une valeur totale estimée à 131,84 millions de FCFA ont été retirés du circuit de commercialisation.
Les résultats présentés ce jeudi par le Coordonnateur national de la CNLF, le Dr Mohamadi Compaoré, témoignent de l’ampleur de l’offensive. Au total, des marchandises frauduleuses évaluées à près de 132 millions de francs CFA ont été saisies.
Parmi les saisies les plus marquantes figure une cargaison de 2 352 plaquettes d’œufs importés frauduleusement. Les produits avaient été soigneusement dissimulés sous des régimes de bananes plantains afin d’échapper aux contrôles.
Destinés au marché de Ouagadougou, ces œufs, évalués à près de six millions de FCFA, ont finalement été déclarés impropres à la consommation humaine après expertise des services compétents. Une découverte qui met en lumière les risques sanitaires auxquels les consommateurs peuvent être exposés lorsque les circuits de commercialisation échappent à tout contrôle.
La lutte contre les produits phytosanitaires illicites a constitué l’un des principaux volets de l’opération. Les agents de la CNLF ont d’abord intercepté un camion transportant des pesticides de contrebande d’une valeur estimée à 65 millions de FCFA.
Quelques jours plus tard, une voiture de tourisme utilisée pour le transport clandestin de 50 cartons de pesticides a été saisie. La marchandise frauduleuse représentait une valeur de 2,1 millions de FCFA.
L’opération s’est poursuivie le 29 mai à Kombissiri avec la découverte de 345 cartons de produits chimiques toxiques estimés à 15 millions de FCFA. Puis, le 2 juin, entre Laba et Boromo, un autre chargement de 241 cartons de pesticides d’une valeur de 8,5 millions de FCFA a été intercepté.
Pour les autorités, ces saisies constituent une victoire importante dans la protection des terres agricoles et des producteurs. Les pesticides non homologués ou contrefaits représentent en effet une menace majeure pour les sols, les cultures, la biodiversité et la santé humaine.
Carburant détourné et substances psychotropes
L’opération « Gnamiyan Gnanaman » ne s’est pas limitée aux produits agricoles. À Ipelcé, les agents ont également intercepté un camion-citerne transportant 24 000 litres de carburant détourné de sa destination initiale. La valeur de cette cargaison est estimée à 33,24 millions de FCFA.
Dans l’ouest du pays, la Brigade d’Enquêtes et de Recherches de l’Ouest (BERO) a quant à elle mis la main sur un lot d’amphétamines évalué à deux millions de FCFA. Une saisie particulièrement significative dans un contexte où les substances psychotropes constituent une menace croissante pour la jeunesse.
Pour le Dr Mohamadi Compaoré, les résultats de l’opération ne doivent pas être appréciés uniquement à travers leur valeur financière. « Derrière chaque bidon de pesticide frauduleux saisi, ce sont des terres agricoles sauvées de la stérilité, des producteurs préservés de maladies graves et des consommateurs protégés », a-t-il souligné.
Cette déclaration résume l’esprit de l’opération : empêcher que des produits dangereux n’atteignent les marchés, les champs ou les foyers burkinabè.
Une réponse ferme face aux fraudeurs
Le Coordonnateur national a rappelé que les auteurs de telles infractions s’exposent à de lourdes sanctions prévues par le Code des douanes ainsi que par les textes réglementant les pesticides, les produits pétroliers et la protection des consommateurs.
Contrebande, importation de produits dangereux, détournement de carburant ou commercialisation de pesticides sans agrément figurent parmi les infractions sévèrement réprimées par la législation nationale.
Si la CNLF se félicite des résultats obtenus, elle estime que la lutte contre la fraude ne peut être menée efficacement sans la participation active des populations. Les réseaux de trafic s’adaptent constamment et utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées pour contourner les contrôles.
C’est pourquoi le Dr Mohamadi Compaoré a salué l’engagement des agents déployés sur le terrain tout en lançant un appel à la vigilance citoyenne. La dénonciation des activités suspectes et la collaboration avec les autorités demeurent des leviers essentiels pour assainir les circuits commerciaux.
Avec l’opération « Gnamiyan Gnanaman », la CNLF envoie ainsi un message clair : la fraude, sous toutes ses formes, reste dans le collimateur des autorités. Et derrière chaque saisie réalisée, ce sont la santé publique, l’environnement et l’économie nationale qui gagnent en protection.
Par Vox Sahel

