Procès Amidou TIÉGNAN – ACTE 2 : Le jugement renvoyé au 23 janvier 2026 pour des questions de constitutionnalité

Procès Amidou TIÉGNAN – ACTE 2 : Le jugement renvoyé au 23 janvier 2026 pour des questions de constitutionnalité

Ouvert le lundi 15 décembre 2025 au Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga 1, le procès de l’affaire Amidou Tiégnan, impliquant l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien et sept autres prévenus, a été renvoyé au 23 janvier 2026. La juridiction n’a pas pu examiner le dossier au fond en raison de recours soulevés par la défense.

 Les personnes mises en cause, dont Camille Yé Yaké, ancien directeur de la gestion des finances du ministère de l’Action humanitaire, sont poursuivies pour détournement de deniers publics, complicité, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Les faits reprochés sont liés à la gestion du compte « Renforcement Prot-SOC/MASSN », destiné à l’achat de vivres pour les Personnes déplacées internes (PDI).

Dès l’ouverture de l’audience, Me Adama Kangoné, avocat de Laure Zongo/Hien, a sollicité un renvoi afin de mieux préparer la défense. Le report est surtout motivé par un recours en inconstitutionnalité visant l’ordonnance de renvoi rendue par le juge d’instruction et frappée d’appel.Selon Me Roger Yamba, avocat de l’un des prévenus, « lorsque le procès a été ouvert, les avocats de l’une des personnes poursuivies ont soulevé une question intéressante en droit ».

Il a rappelé que le Code de procédure pénale limite le droit d’appel de la personne mise en examen, contrairement à ce que consacre la Constitution. « La Constitution dit que nous sommes tous égaux en droit. Si nous le sommes, il ne devrait pas y avoir une partie qui a plus de latitude de faire appel qu’une autre », a-t-il soutenu.

Estimant ne pas être compétent pour trancher cette question, le Tribunal a décidé de surseoir à statuer. Me Roger Yamba a salué cette décision : « Franchement, je tire mon chapeau au tribunal. C’est une appréciation personnelle. Le tribunal n’a pas cherché à forcer. Ce sont des questions très capitales ».

Justifiant la date retenue, l’avocat de Josito Billy Zongo a précisé : « La loi donne un délai d’un mois au Conseil constitutionnel pour se prononcer. Le 23 janvier 2026 est une bonne date qui coïncide avec une session du pôle ECOFI ».

Face aux accusations de manœuvres dilatoires, Me Roger Yamba a répliqué : « Non, il n’y a pas de dilatoire. C’est la loi qui a prévu (…) La loi a prévu, on use ».En attendant la décision du Conseil constitutionnel et l’issue de l’appel, l’examen du fond reste suspendu. Le rendez-vous est donc pris au 23 janvier 2026 pour l’acte 2 de ce dossier très suivi.

 

Par Amir BAKO

Vox Sahel

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