SOSUCO : un nouveau départ pour le sucre burkinabè
Longtemps symbole de l’industrie sucrière burkinabè, la Société sucrière de la Comoé (SOSUCO) entame une nouvelle ère. Le gouvernement, réuni en Conseil des ministres le jeudi 16 octobre 2025, a adopté une série de décrets marquant le retour à son identité d’origine et une restructuration profonde de son capital.
Fini l’appellation « Société nouvelle Société sucrière de la Comoé (SN SOSUCO) ». L’entreprise retrouve désormais son nom historique : SOSUCO. Mais au-delà du symbole, c’est une réorganisation stratégique que le gouvernement engage pour relancer la production nationale de sucre, un secteur vital pour l’économie du sud-ouest du pays.
Selon le décret adopté, le capital social de la SOSUCO est porté à 11,633 milliards de francs CFA, grâce à la création de 349 011 nouvelles actions d’une valeur de 10 000 F CFA chacune.
L’État burkinabè conserve la majorité du capital, soit 70 % (8,143 milliards F CFA), tandis que le secteur privé détient 30 % (3,490 milliards F CFA). Ce nouvel équilibre confirme le statut de société d’économie mixte à participation publique majoritaire, gage d’un partenariat renouvelé entre l’État et les investisseurs privés.
« Cette décision s’inscrit dans la volonté du gouvernement de redynamiser les filières industrielles stratégiques, tout en assurant une gouvernance plus efficace », a expliqué une source proche du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat.
Un deuxième décret vient compléter la réforme : il approuve les nouveaux statuts de la SOSUCO, alignés sur les exigences de la loi N°025/99/AN du 16 novembre 1999 relative aux sociétés à capitaux publics, ainsi que sur la loi PP-G N°031-2025 du 16 octobre 2025. Ces textes dotent l’entreprise d’un cadre juridique solide pour lui permettre d’accomplir ses missions de production, de transformation et de commercialisation du sucre.
Installée à Banfora, dans la région des Cascades, la SOSUCO emploie des centaines de travailleurs et joue un rôle majeur dans l’économie locale. Sa relance, espèrent les autorités, permettra de renforcer la production nationale, de réduire les importations et de créer de nouveaux emplois dans la chaîne agro-industrielle.
Par Vox Sahel

