PELERINAGE A LA MECQUE : Le Comité national de suivi du pèlerinage à la Mecque dresse un bilan satisfaisant du Hadj 2025
Le jeudi 17 juillet 2025 à Ouagadougou, le Comité national de suivi du pèlerinage à la Mecque (CNSPM) a présenté le bilan du Hadj 2025. Un exercice que son président, Amadou Sidibé, a qualifié de globalement satisfaisant, tout en reconnaissant certaines insuffisances à corriger.

Lancé officiellement le 24 octobre 2024, le Hadj de cette année a mobilisé 8 143 fidèles musulmans burkinabè, répartis entre 113 agences de voyages et de tourisme. Dans son allocution, Amadou Sidibé a affirmé que « le Hadj 2025 s’est globalement bien déroulé ». Il a rappelé que les inscriptions s’étaient déroulées en deux phases, les 8 et 22 décembre 2024, sur une plateforme nationale dédiée, dans des conditions qu’il a qualifiées de transparentes.
« Toutes les dispositions règlementaires ont été prises pour une gestion transparente et équitable de cette phase essentielle », a-t-il déclaré, ajoutant que « tous les recours déposés par les agences ont été traités en toute transparence ».Il est également revenu sur les préparatifs, précisant que le ministre d’État chargé des cultes avait conduit une mission officielle en Arabie Saoudite dès janvier 2025 pour la signature de la convention du Hadj et la sélection des prestataires. « Cette mission a jeté les bases d’un travail bien coordonné entre les différents acteurs », a-t-il fait savoir.

Sur le plan sanitaire, le président du CNSPM a salué le dispositif mis en place grâce à l’accompagnement du ministère de la Santé. « Je remercie le ministère de la Santé pour l’accompagnement exemplaire qui a permis de décentraliser les visites médicales et la vaccination dans toutes les régions », a-t-il déclaré.
Une clinique conforme aux normes saoudiennes a été installée sur place, appuyée par deux ambulances neuves. L’équipe médicale comprenait neuf médecins, dont six spécialistes, onze infirmiers, une sage-femme, un pharmacien et plusieurs attachés de santé.
Selon lui, cette organisation a permis de réaliser 10 182 consultations, d’évacuer 94 cas vers des hôpitaux saoudiens, tandis que deux pèlerins sont toujours en soins. Il a toutefois annoncé avec regret le décès de huit pèlerins et présenté ses condoléances aux familles.Le volet transport a également été abordé.
Cette année, le choix s’est porté sur la compagnie nationale Air Burkina, en partenariat avec Ethiopian Airlines. « Le programme établi a été respecté et aucun retard significatif n’a été constaté ni à l’aller ni au retour », a affirmé Amadou Sidibé. Vingt-trois vols aller et autant de vols retour ont été assurés entre le 16 mai et le 3 juillet 2025.
Concernant l’hébergement, les pèlerins ont été logés dans 24 hôtels situés à La Mecque, à des distances allant de moins de 1 km à 3,4 km de la mosquée sainte. « Nos pèlerins ont été logés dans 24 hôtels à La Mecque, avec des distances allant de moins de 1 km à 3,4 km de la mosquée sainte. », a-t-il insisté.
La restauration, non incluse dans le coût du Hadj, a été laissée à la charge des pèlerins. Au niveau de Mina-Arafat, des progrès ont été notés, bien qu’un retard dans le service des repas le 6 juin ait nécessité une « réunion d’interpellation » qui a permis de corriger rapidement l’incident.

En dressant le bilan général, Amadou Sidibé a mis en avant les nombreux acquis : « la mise en place d’une clinique médicale, l’acquisition de deux ambulances et d’un véhicule utilitaire, le respect du calendrier organisationnel, et la bonne coordination avec les agences de voyages ». Il a aussi valorisé « la stratégie de gestion de Mina-Arafat et le choix judicieux des deux Mouassassa (NDLR prestataires) pour l’encadrement des pèlerins ».
Cependant, tout n’a pas été parfait. Amadou Sidibé a pointé certains axes d’amélioration. « Malgré les avancées, des défis restent à relever », a-t-il admis, évoquant la nécessité de réduire la durée du séjour des pèlerins, de limiter le nombre de sites d’hébergement à La Mecque, d’intégrer la restauration dans le coût global du Hadj, et de recruter le transporteur aérien plus tôt.Il a tenu à exprimer sa reconnaissance à tous les acteurs impliqués : le gouvernement burkinabè, le ministre d’État chargé des cultes, les autorités saoudiennes, les représentations diplomatiques du Burkina à Riyad et Djeddah, la FAIB, les agences de voyages et les associations partenaires.
Quant à la collaboration avec les agences de voyages, elle a été saluée comme exemplaire. « Toutes les décisions importantes ont été prises avec les agences. Ce qui fait qu’il y a eu moins de bruit », a noté le président du CNSPM, louant l’engagement des agences. Dans le même esprit, Issa Dianda, représentant des agences de voyage, a reconnu une étroite coopération avec le Comité. Le président du présidium de la FAIB, Aboubacar Yugo, a pour sa part félicité le Comité pour la qualité de l’organisation : « aucune agence de voyage n’est allée se plaindre à la FAIB pour une quelconque défaillance », a-t-il précisé.
Il a également salué la mobilisation conjointe qui a permis d’éviter les cas de pèlerinage clandestin.Pour les éditions à venir, l’ambition est d’atteindre un quota de 10 000 pèlerins voire plus. Des recommandations ont été formulées, notamment sur la prise en compte de la diaspora burkinabè et l’amélioration des conditions des encadreurs. L’acquisition d’ambulances supplémentaires a été saluée, tout comme l’appel à développer les Oumrah afin qu’ils impactent positivement la qualité du Hadj.
Par Amir BAKO

