Présidence du Conseil des Ministres de l’UEMOA : les États de l’AES quittent la session à Lomé

Présidence du Conseil des Ministres de l’UEMOA : les États de l’AES quittent la session à Lomé

La deuxième session ordinaire annuelle du Conseil des Ministres de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) s’est ouverte ce vendredi à Lomé dans un climat de tension. Les représentants des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont quitté la salle en signe de protestation, dénonçant un blocage dans la mise en œuvre des dispositions statutaires relatives à la présidence tournante du Conseil.

À l’origine de cette rupture : l’impossibilité pour les ministres présents de s’accorder sur la désignation du Burkina Faso pour assurer la présidence du Conseil des Ministres, comme le prévoit pourtant l’article 11 des statuts de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), instance technique intégrée à l’UEMOA.

Selon cet article, le Conseil doit être présidé à tour de rôle par l’un des ministres des Finances des États membres, pour un mandat de deux ans. En 2025, c’était au tour du Burkina Faso d’en assumer la présidence. Toutefois, cette rotation semble avoir été remise en question, provoquant l’indignation des représentants de l’AES, qui y voient une entorse aux règles de fonctionnement de l’institution.

Face à ce qu’ils considèrent comme une violation des textes fondateurs de l’Union, les représentants du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont décidé de se retirer de la session. Un geste fort, porteur d’un message politique clair : le respect des principes d’équité et de souveraineté dans le fonctionnement des instances communautaires.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par la présidence du Conseil ou par la Commission de l’UEMOA sur cet incident. Toutefois, en coulisses, les discussions se poursuivent pour tenter d’apaiser les tensions et ramener les parties autour de la table.

Une crise institutionnelle en gestation ?

Ce départ précipité des États de l’AES intervient dans un contexte de crispation régionale. Depuis leur retrait progressif de plusieurs structures sous-régionales, les trois pays ont multiplié les signes de prise de distance vis-à-vis des organisations ouest-africaines, qu’ils accusent d’inaction face à leurs préoccupations sécuritaires et économiques.

L’incident de Lomé pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans les tensions entre l’UEMOA et les États de l’AES, avec un risque de paralysie institutionnelle si aucun compromis n’est trouvé rapidement.

À suivre…

Vox Sahel

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