Ismaël Simporé, Burkinabè résidant au Togo : « Le Burkina Faso n’est ni un terrain de manœuvre ni une colonie de réserve »

Ismaël Simporé, Burkinabè résidant au Togo : « Le Burkina Faso n’est ni un terrain de manœuvre ni une colonie de réserve »

Depuis l’avènement du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir, les soutiens ne désemplissent pas.  Du Burkina en passant  par d’autres  pays africains et dans le monde entier,  des voix s’élèvent pour marquer leur soutien au président du Faso, chef de l’Etat qui lutte pour une souveraineté du Burkina et une émancipation de l’Afrique.  Parmi, ces soutiens, il y a Ismaël Simporé Burkinabè vivant au Togo, amoureux de culture , qui  a exprimé avec force son attachement à la patrie et son soutien indéfectible au président du Faso. Nous avons eu avec lui un échange sur plusieurs sujets notamment la sortie du général américain Michael Langley, commandant du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique. Il n’a pas porté des gants pour répondre au général.

Quelle analyse faites-vous de la récente déclaration du général américain Michael Langley, commandant du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique ?

Je considère cette déclaration comme une sortie à la fois maladroite et révélatrice. Elle était certes mal venue, mais en un sens nécessaire. Elle a permis de lever le voile pour ceux qui doutaient encore de la nature réelle de l’impérialisme, que dénonçait déjà avec force le président Thomas Sankara. Cette prise de position du général américain, loin de m’intimider, renforce ma conviction et celle de nombreux panafricanistes quant à la justesse de notre combat aux côtés du capitaine Ibrahim Traoré. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’un haut gradé occidental s’exprime ainsi. Souvenons-nous du général français Lecointre. Ce qui m’inquiète davantage, ce ne sont pas ces déclarations officielles, mais plutôt les impérialistes déguisés, ceux qui prétendent être avec nous tout en œuvrant contre nos intérêts dans l’ombre.

« Ce qui m’inquiète davantage, ce ne sont pas ces déclarations officielles, mais plutôt les impérialistes déguisés »

Et si vous devriez répondre au général américain, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais simplement de commencer par bien connaître l’histoire de ses origines en tant qu’Afro-américain, avant de prétendre intervenir dans les affaires d’une nation souveraine. Le Burkina Faso n’est ni un terrain de manœuvre ni une colonie de réserve. Si les Etats-Unis persistent à s’ingérer dans nos affaires, ils découvriront que le Burkina Faso peut devenir le point d’arrêt de leur politique impérialiste en Afrique. Il est temps qu’ils respectent notre droit à l’autodétermination.

« Le capitaine Ibrahim Traoré incarne l’espoir non seulement du Burkina Faso, mais de toute l’Afrique digne et libre »

Quel message souhaitez-vous adresser en ce moment au président du Faso ?

Parlons plutôt de notre libérateur, car le capitaine Ibrahim Traoré incarne l’espoir non seulement du Burkina Faso, mais de toute l’Afrique digne et libre. Je lui recommande de demeurer vigilant et de renforcer sa sécurité, non pour sa personne, mais pour son peuple et pour les Africains conscients qui croient en lui. Il ne gouverne pas uniquement pour le Burkina Faso, mais pour une cause panafricaine qui transcende les frontières. Que Dieu l’éclaire, le guide et le protège dans cette mission historique.

N’avez-vous pas peur de vos prises de position en tant qu’homme d’affaires ?

Il est vrai que ces positions ne sont pas sans conséquences. J’ai déjà été confronté à des menaces voilées, car l’impérialisme est insidieux et omniprésent. Il exploite nos faiblesses, utilise parfois la justice comme outil de répression ou sème la division autour de nous. Mais je suis prêt à en payer le prix. Mon patriotisme est mon arme. Si je dois perdre des marchés pour avoir soutenu une cause juste, alors qu’il en soit ainsi. Le président a sacrifié sa vie pour sauver le peuple ; il serait donc incohérent que nous ne soyons pas prêts, à notre échelle, à faire quelques sacrifices. J’en appelle d’ailleurs à tous les patriotes à dénoncer  les comploteurs. Quant à ceux qui ont renié la patrie, qu’ils reviennent à la raison pendant qu’il est encore temps. L’Histoire finira par trier les vrais des faux.

Pourquoi avez-vous décidé de soutenir le cinéma burkinabè à travers le prix Simportrans International au FESPACO ?

C’est avant tout un acte de patriotisme. Je ne le fais pas parce que j’ai les moyens, mais parce que je crois en la culture comme levier de la conscience. J’invite d’ailleurs les opérateurs économiques mieux nantis à suivre cet exemple. Comme le dit l’adage : « Si la chèvre mord un étranger, elle a humilié le chien. » En soutenant le 7e art, je cherche avant tout à valoriser le cinéma africain, à encourager nos cinéastes, et surtout à les inciter à produire des œuvres éducatives, ancrées dans nos réalités et nos valeurs. Le cinéma peut éveiller les consciences, et c’est en cela qu’il constitue un outil de résistance et de construction.

« Il ne gouverne pas uniquement pour le Burkina Faso, mais pour une cause panafricaine qui transcende les frontières »

Avez-vous quelque chose à ajouter pour clore l’entretien ?

Je tiens à remercier avant tout Son Excellence Monsieur le Président du Conseil  des ministres du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, et l’ensemble de son gouvernement, pour leur soutien indéfectible au Burkina Faso et aux pays de l’AES, malgré les pressions extérieures toujours présentes. Le peuple burkinabè, par ma voix, lui témoigne sa gratitude et lui souhaite un bon mandat et longue vie. Je lance également un appel aux autres chefs d’Etat africains : comprenez que le capitaine Ibrahim Traoré mène une lutte pour la libération de notre continent. Alors, abstenez-vous de saboter son combat. Car tôt ou tard, l’Histoire se souviendra de ceux qui ont lutté pour leur peuple et de ceux qui ont trahi.

Vox Sahel

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *