Édito/Inauguration du Mausolée Thomas Sankara : Un symbole vivant de mémoire et de renaissance
L’inauguration du Mausolée Thomas Sankara, au cœur du futur mémorial qui lui est dédié, marque un tournant historique pour le Burkina Faso. Plus qu’un hommage, c’est une résurrection symbolique du père de la révolution, une reconnaissance solennelle de son sacrifice et un acte de justice mémorielle attendu depuis plus de trois décennies.
Ce mausolée, désormais érigé dans l’espace sacré du Conseil de l’Entente, devient un lieu de recueillement, mais aussi de conscience. Là où reposent les restes du Président Sankara et de ses compagnons tombés le 15 octobre 1987, surgit aujourd’hui un symbole de dignité retrouvée. Ce n’est pas qu’un tombeau : c’est un sanctuaire de résistance, de courage, et d’idéal révolutionnaire.
En y gravant son nom dans la pierre, la nation burkinabè affirme que l’histoire ne s’écrit pas avec l’oubli, mais avec la fidélité aux principes. Ce mausolée s’inscrit dans le projet plus vaste du Mémorial Thomas Sankara, conçu par l’architecte Francis Kéré. Une œuvre ambitieuse, qui déploiera sur 14 hectares un ensemble de structures éducatives, culturelles et symboliques, dont une tour de 37 mètres, référence aux 37 ans de Sankara, ainsi qu’une grande salle de conférence de 1 100 places.
Ce mémorial ne sera pas figé dans le passé. Il s’agira d’un espace vivant, tourné vers l’avenir, un lieu où les jeunes générations viendront apprendre, comprendre, débattre et rêver.L’inauguration du mausolée est le premier acte fort de ce vaste chantier mémoriel.
Elle donne chair à une promesse politique : celle de réhabiliter Sankara, non seulement comme héros national, mais comme figure panafricaine de la liberté et de la justice. Elle incarne l’engagement du Président Ibrahim Traoré et de son gouvernement à restaurer l’honneur d’un homme qui n’a jamais trahi son peuple.
Avec ce mausolée, le Burkina Faso envoie un message fort : on peut tuer un homme, mais pas ses idées. Et aujourd’hui plus que jamais, ces idées résonnent dans les aspirations d’une jeunesse en quête d’identité, de dignité et de souveraineté. L’Histoire ne se réécrit pas, mais elle peut être réparée. L’inauguration du mausolée de Thomas Sankara est cette réparation.
Elle scelle un pacte entre le passé et l’avenir, entre le sacrifice d’hier et l’espérance de demain. Un peuple sans mémoire est un peuple sans boussole. Grâce à ce mémorial, le Burkina Faso retrouve la sienne.
La Rédaction

