Prévisions saisonnières 2025 au Burkina Faso : une saison des pluies atypique aux multiples enjeux

Prévisions saisonnières 2025 au Burkina Faso : une saison des pluies atypique aux multiples enjeux

L’Agence Nationale de la Météorologie (ANAM) a publié ses prévisions saisonnières agro-hydro-climatiques pour l’année 2025. Le document, très attendu par les agriculteurs, les décideurs et les humanitaires, dresse un tableau contrasté de la saison des pluies à venir, entre retards, excès, déficits localisés et risques extrêmes.

La saison des pluies débutera de façon tardive sur la majeure partie du territoire, notamment dans les régions sahéliennes, où elle ne commencera qu’après le 28 juin. En revanche, les régions du Sud-Ouest, des Cascades et des Hauts-Bassins connaîtront un démarrage normal à précoce, avec des premières pluies significatives entre le 25 avril et le 19 mai. Toutefois, des séquences sèches longues en début de saison sont attendues au Sahel et au Centre-Nord, pouvant dépasser 9 jours, ce qui pourrait compromettre les premiers semis.

Des pluies globalement abondantes mais inégalement réparties

En termes de volume, la pluviométrie s’annonce normale à excédentaire pour la période juin-juillet-août (JJA) dans la majorité des régions. Toutefois, l’Est et le Centre-Est pourraient enregistrer un déficit pluviométrique sur la même période. La situation s’inversera probablement en juillet-août-septembre (JAS), où des cumuls excédentaires sont attendus sur tout le territoire.

La fin de la saison des pluies interviendra de manière tardive sur l’ensemble du pays. Au Sud-Ouest, les précipitations pourraient se poursuivre au-delà du 19 octobre. Cependant, les experts alertent sur un risque élevé de longues séquences sèches en fin de saison, notamment dans les régions de l’Est, des Hauts-Bassins et du Sud-Ouest.

Risques climatiques et sanitaires à surveiller

L’ANAM identifie plusieurs risques majeurs liés aux conditions climatiques prévues :

  • Événements extrêmes (vents violents, fortes pluies)
  • Inondations susceptibles de provoquer des pertes humaines, des dégâts matériels, et de perturber les infrastructures (routes, chantiers)
  • Dégradation des conditions sanitaires, avec une hausse probable des maladies hydriques et vectorielles telles que le paludisme et le choléra

Recommandations : adapter les pratiques et renforcer la prévention

Face à cette saison à risques, l’ANAM recommande :

  • De semer après deux pluies d’au moins 20 mm, espacées de moins de 14 jours
  • D’opter pour des variétés agricoles tolérantes à l’humidité et à la sécheresse
  • De renforcer les systèmes de drainage et les mécanismes d’alerte précoce
  • D’intensifier la prévention sanitaire et la surveillance épidémiologique

Une surveillance continue

L’ANAM précise que ces prévisions seront régulièrement mises à jour au fil de la saison. Elles visent à accompagner les décisions stratégiques en matière de production agricole, de sécurité alimentaire, d’infrastructures et de santé publique.

Dans un contexte de changement climatique de plus en plus perceptible, la capacité d’anticipation et d’adaptation des acteurs nationaux et locaux sera déterminante pour atténuer les impacts potentiels de cette saison pluvieuse 2025.

Par Vox Sahel

Pour plus d’informations, les bulletins réguliers de l’ANAM sont disponibles sur ses canaux officiels.

Vox Sahel

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *