1er mai 2025 au Burkina Faso : L’Unité d’Action Syndicale élève la voix avec une plateforme revendicative musclée

1er mai 2025 au Burkina Faso : L’Unité d’Action Syndicale élève la voix avec une plateforme revendicative musclée

Ce 1er mai 2025, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, l’Unité d’Action Syndicale (UAS), forte de ses centrales syndicales et de ses syndicats autonomes, a dévoilé une plateforme revendicative ambitieuse. Elle réaffirme les préoccupations des années précédentes, encore non satisfaites, et y ajoute de nouvelles revendications en lien avec l’actualité nationale.

Sous le mot d’ordre de la justice sociale, de la sécurité et de la dignité pour les travailleurs, les syndicats unissent leurs voix pour interpeller les autorités sur des enjeux cruciaux : sécurité nationale, libertés fondamentales, gouvernance, et conditions de vie des citoyens.

La plateforme insiste d’abord sur la garantie de la sécurité des populations et des biens sur tout le territoire, en appelant au retour sécurisé des personnes déplacées internes (PDI). Elle exige également une prise en charge effective des victimes du terrorisme, y compris les ayants droits des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP).

Les syndicats demandent des conditions sûres de travail dans les zones à haut risque, et dénoncent la présence de forces étrangères sur le sol burkinabè, réclamant leur départ.

L’UAS appelle au respect des libertés d’association et de manifestation, ainsi qu’à la libération des détenus jugés arbitraires. Le cas du secrétaire général de la CGT-B, licencié dans un contexte de tensions politiques, est mis en avant, les syndicats exigeant l’annulation de ce qu’ils qualifient de sanction injuste.

Ils plaident également pour une relecture du code pénal, afin de garantir le droit à l’information et décriminaliser l’insurrection, tout en demandant l’amélioration des infrastructures syndicales, notamment à Tenkodogo.

La plateforme demande la judiciarisation des audits dans les ministères et grandes sociétés d’État comme la SONABEL, la SONABHY, l’ONEA ou la LONAB. Les syndicats réclament également la publication des accords militaires, économiques et culturels, dans un souci de transparence.

Ils s’opposent à toute ingérence de l’État dans les caisses de prévoyance sociale (CARFO, CNSS) et exigent l’arrêt des ponctions jugées abusives.

Face à la vie chère, les syndicats appellent à une revalorisation des pensions, une instauration d’une assurance-chômage, et une augmentation du SMIG, avec impact sur les salaires du secteur privé.

Ils demandent aussi une révision des décrets encadrant les rémunérations et indemnités, ainsi que la réglementation des loyers et du prix des parcelles, pour garantir un minimum de justice sociale.

Le texte fait également mention de revendications précises, comme la ratification de conventions internationales sur la sécurité au travail, la relecture du Code du travail, ou encore la prise en compte des recommandations de l’UAS dans l’implémentation de l’Assurance Maladie Universelle (AMU).

Malgré les difficultés et un contexte national tendu, l’UAS affiche sa détermination à défendre les droits des travailleurs. Cette plateforme revendicative se veut un rappel fort à l’État, soulignant l’urgence d’agir sur des problématiques qui, selon les syndicats, mettent en péril la cohésion sociale, la justice et le développement équitable du pays.

Vox Sahel

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