Bobo-Dioulasso : Des résidents de la « Cité de la communauté universitaire Nazi-Boni » sommés de quitter la cité par des promoteurs immobiliers dans une affaire foncière
Une décision de justice vient clore un long différend foncier opposant les agences immobilières Soutra-Immo et Abdoul Services International. Le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a rendu, le 23 janvier 2025, un jugement en faveur de la société Soutra-Immo, sommant Abdoul Services International de libérer un terrain de 23 hectares situé à Belle-ville, secteur 29 de Bobo-Dioulasso.
Selon Lefaso.net, la décision de justice impose un délai d’une semaine à compter de sa diffusion pour l’évacuation complète des lieux, actuellement occupés par des résidents de la « Cité de la communauté universitaire Nazi-Boni ». Passé ce délai, la société Soutra-Immo se réserve le droit de procéder au déguerpissement et à la démolition des infrastructures implantées sur le site.
Un contentieux vieux de plusieurs années
Ce litige trouve ses origines en 2015, année au cours de laquelle la société Soutra-Immo, représentée par son promoteur Ousmane Traoré, affirme avoir légalement acquis le terrain à travers un acte de cession amiable. Le conflit éclate en 2020 lorsque la société Abdoul Services International est accusée d’avoir introduit illégalement un bulldozer sur le site pour y entreprendre des travaux, en détruisant les bornes et repères installés par Soutra-Immo.
Lors d’une conférence de presse tenue le 23 mars 2022, Ousmane Traoré dénonçait ce qu’il considérait comme une tentative de spoliation. De son côté, Abdoul Services International affirmait également disposer de documents l’autorisant à exploiter le terrain, aggravant ainsi la confusion autour de la propriété du site.
Le verdict du Tribunal
Après plusieurs années de procédure, le tribunal a tranché en faveur de Soutra-Immo. La décision ordonne non seulement l’évacuation immédiate du site par Abdoul Services et les occupants, mais condamne également cette société ainsi que deux autres personnes impliquées dans l’affaire à verser la somme de 500 000 francs CFA à Soutra-Immo, au titre des frais exposés.
« À compter de la date de diffusion de la présente décision, Abdoul Services a une semaine pour faciliter le déguerpissement des résidents de la Cité de la communauté universitaire Nazi-Boni. Passé ce délai, nous procéderons à la démolition des infrastructures », a déclaré Ousmane Traoré, visiblement soulagé par ce dénouement judiciaire.
Et après ?
Cette décision de justice pourrait engendrer des tensions sociales, notamment parmi les résidents actuels du site, pour la plupart non informés ou pris au dépourvu. Des questions subsistent quant à leur relogement et aux mesures d’accompagnement envisagées par les autorités locales.
En attendant, la société Soutra-Immo entend faire valoir ses droits, forte de cette victoire juridique attendue depuis plusieurs années. Quant à Abdoul Services International, aucune réaction officielle n’a été enregistrée à l’heure où nous mettons sous presse.
Affaire à suivre…

