Edito/Opération casiers vides: Une réforme essentielle pour la justice et nos prisons
Le Tribunal de grande instance Ouaga I vient de prendre une décision capitale pour désengorger nos prisons et restaurer la confiance des citoyens dans notre système judiciaire. Du 20 au 30 janvier 2025, se tiendra l’« opération spéciale casiers vides », une initiative qui vise à vider les dossiers en instance et à accélérer le traitement des affaires pendantes.
Cette initiative est plus que bienvenue dans un contexte où nos prisons sont saturées, débordant de personnes en détention préventive depuis des années, souvent dans l’attente d’un jugement. Il est particulièrement important de souligner que, pendant trop de temps, les prisons burkinabè ont été des lieux de surpopulation, où des détenus se retrouvaient enfermés pour des périodes interminables, souvent sans procès. Nombreux sont ceux qui, par manque de moyens ou de ressources, se voyaient privés de leur droit à une justice rapide et équitable.
Ce phénomène avait des conséquences désastreuses, non seulement pour les détenus, mais aussi pour l’ensemble de la société. Et si certains prévenus, comme les voleurs de poules, étaient contraints de croupir en prison, d’autres, fort de leur statut social ou économique, bénéficiaient de procédures expéditives et parfois de traitements de faveur. Cette inégalité devant la loi a, hélas, entaché la réputation de notre système judiciaire. Il est donc indéniable que cette décision du Tribunal de grande instance Ouaga I, sous l’impulsion du procureur Bakouli Blaise Bazié, arrive à un moment où elle est plus que nécessaire.
En rendant justice de manière rapide et transparente, en traitant les affaires avec impartialité et en permettant une plus grande accessibilité aux prévenus, l’opération spéciale casiers vides redonne espoir aux citoyens. Elle symbolise un retour à une justice juste, où tous les justiciables, quelle que soit leur condition sociale, auront les mêmes droits à un procès rapide. En organisant ces audiences extraordinaires dans des salles d’audience aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du palais de justice, le tribunal marque une volonté de décentraliser les procédures, de faciliter l’accès à la justice pour tous et d’éviter la surcharge de ses propres infrastructures.
Ce faisant, le Tribunal de grande instance Ouaga I montre qu’il est possible de conjuguer efficacité et transparence, tout en respectant le principe fondamental de l’équité. Il est donc impératif que tous, tant les justiciables que le public, se montrent responsables et ponctuels afin de garantir le bon déroulement de ces audiences exceptionnelles. Cela sera une contribution précieuse à la réhabilitation de la confiance envers nos institutions judiciaires et, au-delà, à l’amélioration du fonctionnement de notre système pénitentiaire. Il est temps de faire table rase du passé et de remettre la justice sur ses rails, pour qu’elle inspire à nouveau la confiance et le respect.
Par La Rédaction

